Roulottes de cirque aménagées, containers, mini-maisons écologiques, ces formes d’habitat alternatives et innovantes stimulent l’imagination des architectes, expérimentateurs et originaux de tous poils. La grande ambition du mouvement des « Tiny Housers », c’est de parvenir à vivre (bien) dans un espace aussi réduit que possible. Malgré les obstacles, l’idée s’avère réalisable.
Quand vivre à l’étroit devient tendance
Le concept de la « Tiny House » consiste à habiter sur une surface aussi réduite que possible. Les mini- ou micro-maisons sont des maisons individuelles de moins 45 m2. Elles peuvent être implantées en un lieu fixe ou montées sur roues. Depuis 20 ans, on assiste à un engouement mondial pour ce mode de vi que les Tiny Housers embrasent volontairement et décrivent sur des blogs et des forums spécialisés.
C’est une architecte britannique vivant aux États-Unis, Sarah Susanka, qui est à l’origine de ce mouvement. S’insurgeant contre le principe du « Bigger is Better », véritable religion outre-Atlantique, elle a publié en 1997 un livre intitulé « The Not So Big House – A Blueprint For the Way We Really Live » [« Une maison pas si grande – un concept d’habitation plus en phase avec la réalité »]. Cet ouvrage a suscité une vaste réflexion sur la question du logement, la qualité opposée à la quantité
la convivialité et les techniques de construction intelligentes permettant d’économiser un maximum de place.
Mais c’est l’Américain Jay Shafer qui a véritablement lancé la vogue des mini-maisons. Après le krach immobilier de 2007, il a entrepris de vendre des maisonnettes livrées entièrement équipées et montées sur roues. Les effets de la crise financière ont eu un effet dévastateur sur la classe moyenne. Ses représentants ne pouvaient tout simplement plus s’offrir les maisons spacieuses qui leur semblaient indispensables auparavant et se montraient soudain ouverts à toutes sortes de compromis et alternatives. La nouvelle devise était : « plus c’est petit (compact, astucieux, écologique, et surtout bon marché), mieux c’est. »
Les gens se sont mis à considérer leurs anciennes habitudes de consommation d’un oeil critique et à penser davantage à l’environnement. Sobriété volontaire et pleine conscience sont devenues des expressions à la mode. Le questionnement n’en a pas moins toute sa pertinence : De quoi ai-je réellement besoin ? Quelle est la part de superflu dans ma vie, et jusqu’où puis-je la réduire sans perdre de mon confort ? Quelle est l’ampleur de mon empreinte écologique ?
Des coûts réduits, eux aussi ?

Selon les informations glanées sur les blogs, le prix d’une mini-maison va de CHF 30’000.– pour un logement bricolé en grande partie soi-même, monté sur roues et ne nécessitant donc pas l’achat d’un terrain, à CHF 250’000.– pour une maisonnette écologique livrée clés en main, sans compter le prix du terrain. Il faut savoir que les banques suisses n’accordent pas de crédit pour les maisons mobiles. Et que faire si l’on se sent soudain à l’étroit dans sa boîte à chaussure ou son mouchoir de poche ? Il vaut la peine d’envisager une solution de repli, « vraie » maison ou réserve d’argent à la banque, pour le cas où l’expérimentation tournerait court.
Sur roues ou fixes
Marco Castroni, architecte chez La Ville Nouvelle et membre du comité d’HabitatDurable Suisse romande, connaît bien le sujet. « Légalement, les Tiny House sur roues ne sont pas considérées comme des constructions, mais comme des véhicules, et sont donc soumises aux règles de la circulation routière. » Il explique qu’en Suisse romande, les règlements communaux interdisent souvent l’installation sur une plus longue durée de ces habitats, même sur des terrains privés. « Cette forme de Tiny House a surtout sa place dans les campings, où elle offre une alternative aux caravanes puisqu’elle est plus confortable et mieux isolée. » Les mini-maisons sur châssis pourraient trouver une utilité comme habitat temporaire : « Dans des situations intermédiaires par exemple dans des friches pour lesquelles la procédure pour de nouveaux projet prend beaucoup de temps, l’installation d’une Tiny House peut offrir une solution transitoire. » Quant aux petites maisons fixes, elles doivent, comme tout bâtiment, respecter les règlements sur les constructions. Construire une Tiny House isolée est possible mais on peut aussi l’accoler à une construction existante. M. Castroni cite l’exemple d’une transformation de garage en habitation. Si la nouvelle construction est trop petite, on peut gagner de la surface en utilisant celle de la maison existante. Ainsi, grâce à une annexe, il a transformé une petite maison de 90 m2 à Versoix en une maison avec deux petits logements de 60 m2. Ils seront désormais habités par le père et sa fille.
C’est une architecte britannique vivant aux États-Unis, Sarah Susanka, qui est à l’origine de ce mouvement. S’insurgeant contre le principe du « Bigger is Better », véritable religion outre-Atlantique, elle a publié en 1997 un livre intitulé « The Not So Big House – A Blueprint For the Way We Really Live » [« Une maison pas si grande – un concept d’habitation plus en phase avec la réalité »]. Cet ouvrage a suscité une vaste réflexion sur la question du logement, la qualité opposée à la quantité
la convivialité et les techniques de construction intelligentes permettant d’économiser un maximum de place.
Mais c’est l’Américain Jay Shafer qui a véritablement lancé la vogue des mini-maisons. Après le krach immobilier de 2007, il a entrepris de vendre des maisonnettes livrées entièrement équipées et montées sur roues. Les effets de la crise financière ont eu un effet dévastateur sur la classe moyenne. Ses représentants ne pouvaient tout simplement plus s’offrir les maisons spacieuses qui leur semblaient indispensables auparavant et se montraient soudain ouverts à toutes sortes de compromis et alternatives. La nouvelle devise était : « plus c’est petit (compact, astucieux, écologique, et surtout bon marché), mieux c’est. »
Les gens se sont mis à considérer leurs anciennes habitudes de consommation d’un oeil critique et à penser davantage à l’environnement. Sobriété volontaire et pleine conscience sont devenues des expressions à la mode. Le questionnement n’en a pas moins toute sa pertinence : De quoi ai-je réellement besoin ? Quelle est la part de superflu dans ma vie, et jusqu’où puis-je la réduire sans perdre de mon confort ? Quelle est l’ampleur de mon empreinte écologique ?
Le futur des Tiny Houses

On commence à voir apparaître sur Youtube des vidéos exposant les inconvénients de ce mode de vie. Si les micro-maisons se nettoient en un clin d’oeil, le désordre s’y installe encore plus rapidement. Les odeurs de la cuisine et des animaux domestiques y imprègnent le moindre recoin. Faire les lits exige des talents d’acrobates et les soirées en tête à tête peuvent bien vite perdre de leur charme.
La Suisse compte encore peu de témoignages de personnes ayant fait de longs séjours dans des mini-maisons. Le mouvement y est balbutiant, et va encore évoluer dans les prochaines années. Un premier axe d’évolution sera probablement que l’intérêt pour les Tiny Houses mobiles se reportera sur des solutions fixes. En matière d’habitations de petit volume, la législation suisse est beaucoup plus permissive que la législation des États-Unis. De plus, pour le même prix, une maison fixe offre un confort supérieur à une maison mobile.
Un second axe d’évolution sera vraisemblablement une légère augmentation des surfaces des mini-maisons, qui passeront de 20 – 30 à 50 – 60 m². Une fois qu’on s’est libéré des contraintes des véhicules routiers, on peut mieux réorganiser sa maison, renoncer aux mezzanines et isoler son logement selon les normes MINERGIE.
Un troisième axe d’évolution pourrait être la création de villages de mini-maisons dans les zones villas actuelles. À la place d’une villa, on pourra construire 4 à 5 mini-maisons avec toute une série de services mutualisés : une salle commune, des chambres d’amis, une buanderie etc. La fibre écologique et l’inventivité de certains de nos contemporains contribueront à développer une offre de plus en plus variée : Des maisons pour retraités, des villages de Tiny Houses pour familles recomposées, des habitats intergénérationnels… Car sur une toute petite surface, la Tiny House ouvre un large espace à l’innovation sociale.


