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Maraichage communautaire : réenraciner l’alimentation dans son lieu de vie

  

  Thu, 16.04.2026

Jardins familiaux, bacs potagers, parcelles partagées, voire fermes urbaines participatives: les espaces de production alimentaire communautaire s’intègrent au bâti... ou réciproquement. Voici quelques exemples de projets alliant alimentation à habitat, au profit de l’environnement comme de l’humain.

Avec l’expansion des zones bâties et les enjeux éco-sociaux actuels, l’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) gagne du terrain. En bref, ce terme désigne toutes les pratiques ramenant la production et les autres maillons de la filière alimentaire au plus proche de là où résident les mangeurs et mangeuses – en ville et dans les régions avoisinantes. Parmi elles, il y a le maraîchage (ou jardinage) communautaire. En ville mais aussi dans les régions rurales, il s’intègre aux zones d’habitation, permettant de (re)créer du lien au voisinage, à son alimentation et à la terre.

Du potager de quartier aux fermes urbaines : l’alimentation au cœur de l’habitat

Le maraîchage communautaire peut se décliner en de multiples concepts. Ainsi, l’association Genève Cultive recense divers projets concrets dans la « ville-canton », allant des potagers partagés aux initiatives d’agriculture contractuelle de proximité, comme celles des Jardins de Cocagne. Dans cette structure maraîchère pionnière en Europe, les personnes souscrivant à un panier de légumes hebdomadaire deviennent coopératrices et contribuent au travail de culture comme aux prises de décision. Exemple à mi-chemin : l’association Au-Potager d’Ecublens. Près du quartier résidentiel de l’Ormet, elle loue un terrain auprès d’un agriculteur et le met à disposition de ses membres (ainsi que des plantons, formations et plans de cultures) pour y pratiquer un maraîchage collectif 100 % bio.

Quand alimentation et construction vont de pair

Dans certains projets d’habitation, la question de l’alimentation fait l’objet d’une réflexion dès la conception. Pour l’écoquartier de Pra Roman, sur les hauts de Lausanne, la coopérative Codha a intégré des jardins collectifs sur 1800 m². Le projet s’est d’ailleurs vu décerner le prix Binding 2023 pour la biodiversité en milieu bâti. L’écoquartier des Vergers, à Meyrin, a quant à lui développé sa propre filière alimentaire ultra- locale, entre fermes urbaines, ateliers de transformation alimentaire, magasin participatif et cuisines communes favorisant les rencontres. En campagne, il est parfois aussi nécessaire de remettre l’alimentation « au milieu du village ».

À Charmoille (Jura), se développe un projet d’habitation, ou plutôt d’écolieu. À partir de la rénovation d’une grange, la coopérative TerrAjoie veut créer un lieu de vie à faible empreinte écologique, qui mutualise les infrastructures et tend vers une autonomie énergétique, mais aussi alimentaire. Bientôt, les 8 à 10 ménages d’un bâtiment entièrement écoconstruit pourront profiter de nombreux espaces communs, dont un jardin-verger. Ce terrain de 2000 m² cédé par un riverain sera cultivé en permaculture. Ayant reçu un permis de construire début 2026, TerrAjoie recherche encore quelques habitant∙es, ainsi que les fonds encore nécessaires pour faire vivre le projet. Une association créée dans ce cadre accueille les dons privés.

Enfin, l’attrait pour une vie plus rurale et proche de la nature demande de créer des habitations d’autant plus durables. Par exemple, à Essertfallon, au cœur du parc naturel du Doubs, un projet de coopérative d’habitation rattaché à la ferme d’agriculture régénérative du Clos Dedos est en conception. Un bâtiment de 7 appartements, en bois, terre et paille, sera érigé pour et par les personnes actives au Clos Dedos et dans l’association des microfermes locales.

 

Pour aller plus loin

 

 



Trois questions à Robin
Voisard de TerrAjoie


HabitatDurable :
Pourquoi avoir intégré un jardin potager collectif dans votre projet d’habitat?

Robin Voisard : Pour répondre à une des principales valeurs du projet, qui est l’autosuffisance, notamment alimentaire. C’est un but relatif, mais nous croyons qu’il est possible de l’atteindre pour une communauté de 15 personnes. Nous avons choisi le modèle de la permaculture, qui s’inscrit dans notre perspective de respect de l’environnement.

Où en est la conception du jardin?

Nous la commençons tout juste. Nous comptons organiser un atelier de planification du jardin, en collaboration avec la micro-ferme voisine de la Rochette et les personnes déjà inscrites à la coopérative, mais aussi celles qui soutiennent déjà notre association et sont motivées à co-créer et entretenir cet espace. Il y a un réel intérêt. Nous avons déjà planté des haies coupe-vent.

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui voudraient aussi réaliser un projet alliant habitat et alimentation?

Je dirais qu’il faut d’abord informer et sensibiliser l’entourage sur ce qu’est un jardin communautaire ou sur la permaculture. Puis on crée une cellule de personnes gagnées par l’envie de réaliser le projet. Techniquement, il est important de s’entourer de professionnels et de gens de la région, qui connaissent la réalité climatique et géologique du lieu.

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