Il y a une petite dizaine d’années, ici même, nous rompions une lance en faveur de la protection de cet oiseau fascinant qu’est le martinet noir, décor sonore estival de nos cités.
La disparition inéluctable des fissures et des défauts de toiture ou de ferblanterie lors des rénovations a entraîné la perte d’un grand nombre de sites de nidification, le souci légitime d’améliorer l’isolation de nos anciens bâtiments conduisant aussi à la fermeture d’accès possibles à des cavités.
Depuis 2004, le Cercle ornithologique de La Chaux-de-Fonds, devenu Cercle naturaliste des Montagnes neuchâteloises, s’active pour encourager la pose de nichoirs dans notre région, comme le font aussi les membres du Centre d’étude et de protection des oiseaux de Bienne et environs (CEPOB), de la Fauvette (Les Breuleux et Franches-Montagnes), prenant comme exemple ce qui a été fait dès le début des années 1970 dans la région de Malleray, Sonceboz puis Glovelier. Ce sont ainsi des milliers de nichoirs qui ont été construits et posés entre Boncourt et Le Locle, Cortaillod et Moutier …
L’expérience montre que la colonisation spontanée des nichoirs peut intervenir très rapidement, mais aussi tardivement — jusqu’à 17 ans après la pose des boîtes ! Heureusement, un système de repasse des cris de martinets permet d’accélérer cette colonisation et d’obtenir un résultat dès l’année suivante.
Pour la plupart construits en bois naturel ou en multiplis, les nichoirs sont posés sous les avant-toits, sous les linteaux de fenêtre, voire carrément contre les façades, à une hauteur recommandée d’au moins 3 mètres, en veillant à ce qu’il y ait un espace suffisant pour l’envol des oiseaux devant les nichoirs. Il convient d’insister sur le fait que les martinets ne salissent pas les façades !
Lors de la pose d’un bardage isolant, une solution très esthétique consiste à intégrer des nichoirs en béton de bois spécialement adaptés. À la faveur de nouvelles constructions, il est possible aussi de remplacer certaines briques par des « briques-nichoirs ». Les martinets étant des nicheurs coloniaux, il est conseillé de juxtaposer des nichoirs par groupes de deux ou trois.
Grâce à des plans disponibles à la Station ornithologique suisse de Sempach, auprès des différentes sociétés de protection ou dans des ouvrages spécialisés, les bricoleurs peuvent construire les nichoirs qu’ils désirent installer. Il est possible aussi d’acquérir des boîtes toutes prêtes auprès de plusieurs fabricants. La station ornithologique de Sempach en vend sur son site Internet au prix de CHF 49.–.
Les expériences faites dans notre région démontrent que la population de martinets peut être favorisée par l’installation de nichoirs artificiels. Lorsqu’un lieu est bien muni en nichoirs, il arrive fréquemment que le succès de nidification conduise à de nouvelles colonisations dans le voisinage, voire dans les urbanisations voisines.
Rappelons encore que le martinet est un gros consommateur d’insectes — des milliers par jour — ce qui fait de lui un très bon auxiliaire du jardinier.


