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Favo­ri­sez les abeilles sau­vages dans votre jar­din

Mai­son & jar­din

Bio­di­ver­sité, Chauf­fage, Construc­tion, Jar­din, Maté­riaux de construc­tion, Mobi­lité

Thu, 13.02.2020

L’abeille domes­tique qui pro­duit du miel (Apis mel­li­fera) ne repré­sente que 0,06 % des abeilles en Suisse. Les abeilles sau­vages sont bien plus nom­breuses et elles sont aussi meilleures pol­li­ni­sa­trices que notre Maya. Ces insectes utiles, voire indis­pen­sables, voient leur habi­tat et leur nour­ri­ture dis­pa­raître pro­gres­si­ve­ment. Les jar­di­niers peuvent contri­buer à inver­ser la ten­dance.

Les abeilles sau­vages ne font pas de miel, ne piquent qua­si­ment pas, et chaque femelle construit son nid avec plu­sieurs loges, appe­lées cel­lules d’élevage. Le plus sou­vent elle ne pro­crée qu’une fois par an et ne voit pas sa pro­gé­ni­ture.

Ces abeilles par­ti­cipent majo­ri­tai­re­ment à la pol­li­ni­sa­tion des plantes sau­vages et culti­vées, alors que les abeilles domes­tiques n’entrent que pour 15 % dans cette pol­li­ni­sa­tion. Cela s’explique par le fait que l’abeille domes­tique mêle du nec­tar au pol­len pour fixer la pelote dans les cor­beilles de ses pattes arrière. Le pol­len humide a ainsi du mal à se dépo­ser sur le pis­til de la fleur. Ce pro­cédé est donc moins effi­cace pour la fécon­da­tion des plantes.

Un article paru en 2013 dans la revue « Science » a eu un effet reten­tis­sant : il en est res­sorti que les abeilles sau­vages sont res­pon­sables de la pol­li­ni­sa­tion de plus de 80 % des espèces végé­tales, c’est-à-dire de 75 % des plantes culti­vées dans le monde, en majo­rité des cultures frui­tières, légu­mières, oléa­gi­neuses et pro­téa­gi­neuses, des fruits à coques, des épices et des sti­mu­lants (café, cacao) ; soit une valeur de 153 mil­liards d’euros par an.

D’autres recherches ont mon­tré que même les abeilles sau­vages déclinent, ce qui a pour consé­quence une dimi­nu­tion de la diver­sité des plantes pol­li­ni­sées par ces abeilles. Il est à noter que les espèces d’abeilles spé­cia­listes souffrent davan­tage que les espèces géné­ra­listes. C’est le cas de celles qui sont liées à une caté­go­rie de fleurs ou à un habi­tat donné, ont un temps de déve­lop­pe­ment assez long ou sont carac­té­ri­sées par une faible mobi­lité.

Les causes du déclin sont mul­tiples : raré­fac­tion des zones de repro­duc­tion (tas de bois, friches…), dimi­nu­tion des varié­tés de fleurs sau­vages autoch­tones, agri­cul­ture inten­sive, emploi mas­sif de pro­duits chi­miques tel que les fon­gi­cides, les désher­bants, etc.
Une étude révèle que la moi­tié des espèces d’abeilles sau­vages aux États-Unis a été déci­mée au cours du 20e siècle. On a attri­bué ce phé­no­mène en par­tie à un déca­lage crois­sant entre la période de flo­rai­son des plantes et la période d’activité des abeilles, une réa­lité qui aurait un rap­port avec le chan­ge­ment cli­ma­tique. Des abeilles comme les bour­dons qui recherchent des tem­pé­ra­tures plus fraîches se déplacent à des alti­tudes supé­rieures où leurs plantes « nour­ri­cières » font défaut. En même temps, les api­cul­teurs montent les abeilles mel­li­fères à des strates supé­rieures, ce qui crée une concur­rence accrue avec les espèces d’abeilles sau­vages endé­miques.

À ceci, il faut encore ajou­ter des phé­no­mènes nou­veaux tels que la trans­mis­sion de mala­dies propres à Apis mel­li­fera aux abeilles sau­vages en rai­son d’une coha­bi­ta­tion trop proche.

Enfin, il semble que l’accroissement du CO2 dimi­nue la per­cep­tion des par­fums des fleurs par les abeilles.

Que pou­vons-nous faire à notre échelle dans notre jar­din ?

Conser­ver et créer des habi­tats

Les abeilles sau­vages vivent à près de 70 % dans la terre ou dans le sable, le reste loge dans des trous dans le bois ou dans les anfrac­tuo­si­tés des pierres.

Il est vive­ment conseillé de lais­ser un petit coin de jar­din en friche, avec, si pos­sible du bois mort ou des déchets de coupes, et de conser­ver ou plan­ter des haies. Les abeilles sau­vages recherchent éga­le­ment des ter­rains pauvres en végé­ta­tion, voire tota­le­ment nus, des tas de pierres, des sur­faces non fau­chées, des buttes de terre tas­sée et des coquilles d’escargots vides.
Il est béné­fique de main­te­nir des espaces de terre nue, des petites éten­dues de sable, d’utiliser des joints de dalles en sable à la place du béton et de mini­mi­ser les sur­faces imper­méables.

On peut aussi ins­tal­ler des hôtels à abeilles sau­vages qui devraient se trou­ver à un empla­ce­ment enso­leillé orienté sud, sud-est, à une hau­teur de 30 cm à 2 m, à l’abri du vent et de la pluie. Le maté­riel de rem­plis­sage est consti­tué de tiges creuses comme le bam­bou ou le catalpa ou des tiges à moelle tendres comme les ronces ou les hor­ten­sias.

Aug­men­ter l’offre en nour­ri­ture

Les plantes indi­gènes devraient être pri­vi­lé­giées et les plantes hybrides, les fleurs doubles, ainsi que les plantes exo­tiques évi­tées. L’accès des abeilles aux glandes nec­ta­ri­fères est rendu dif­fi­cile, voire impos­sible, avec les nou­velles varié­tés puisque l’esthétique est sou­vent pri­vi­lé­giée aux dépens de la bio­di­ver­sité.

On peut choi­sir des plantes mel­li­fères (une liste se trouve sur le site indi­qué ci-contre) et diver­si­fier les espèces et les périodes de flo­rai­son. Un point d’eau per­met aux abeilles de s’abreuver. Afin qu’elles ne se noient pas, il doit être peu pro­fond, ou on peut y ajou­ter des petits mon­ti­cules de gra­vier qui émergent de la sur­face.

Amé­lio­rer les condi­tions de vie

Le plus impor­tant est de ban­nir l’emploi de pro­duits chi­miques et d’utiliser des pro­duits natu­rels.

Pri­vi­lé­giez le fau­chage ou la ton­deuse manuelle, espa­cez les tontes et atten­dez que les petites fleurs sau­vages soient fanées. Ton­dez au moins à une hau­teur de 10 cm et com­men­cez le tra­vail par le milieu de la sur­face en vous diri­geant vers les bords ; vous per­met­trez ainsi à la faune de fuir et de se cacher plus faci­le­ment.

Il convient d’éviter ou de limi­ter au maxi­mum l’utilisation d’appareils de net­toyage à haute pres­sion, de souf­fleuses ou de tous autres engins sus­cep­tibles de détruire ou de bou­cher les entrées et les gale­ries sou­ter­raines.

L’observation de ces prin­cipes simples à mettre en oeuvre vous per­met­tra de pré­ser­ver et de favo­ri­ser les abeilles sau­vages. En contre­par­tie, votre jar­din béné­fi­ciera d’une meilleure pol­li­ni­sa­tion et donc de plus de fleurs et de fruits, sans comp­ter le plai­sir de la décou­verte du monde fas­ci­nant des abeilles sau­vages. On pro­tège mieux ce que l’on connaît.

Le maître mot : mixité

En fonc­tion des besoins pré­do­mi­nants du mar­ché du loge­ment et des buts de ces socié­tés, il a été prévu de construire 194 appar­te­ments tota­li­sant 13 200 m² répar­tis entre 3 immeubles, soit : 82 appar­te­ments sub­ven­tion­nés (avec 25 % d’abaissement des loyers), 16 appar­te­ments sub­ven­tion­nés pro­té­gés de 2 pièces et demie, 54 appar­te­ments à loyers modé­rés et contrô­lés, 24 stu­dios meu­blés pour étu­diants et 18 appar­te­ments en mar­ché libre. 127 places de parc se regroupent dans les sous-sols d’un des trois bâti­ments.

Les acti­vi­tés dans le cadre de ce pro­jet com­prennent, sur 4 200 m² au total, une biblio­thèque uni­ver­si­taire de méde­cine incluant des locaux de tra­vaux pra­tiques pour l’UNIL sur trois niveaux, un fit­ness, un res­tau­rant avec ter­rasse, une bou­lan­ge­rie-pâtis­se­rie, des bureaux, une crèche et un accueil pour éco­liers en milieu sco­laire.

Afin de rendre durable, convi­vial et abor­dable un si grand pro­jet urbain, les archi­tectes ont d’abord tiré pro­fit de la situa­tion unique du site, soit une bande de ter­rain étroite en lisière d’une zone boi­sée en fort dévers, offrant de magni­fiques déga­ge­ments sur le pay­sage. La volu­mé­trie impor­tante du pro­jet est ainsi com­pen­sée par des niveaux d’accès variés, grâce à la créa­tion d’une espla­nade publique don­nant accès aux acti­vi­tés com­mer­ciales, d’où l’on découvre une vue excep­tion­nelle.

Les espaces d’habitation sont conformes aux exi­gences du Ser­vice can­to­nal du loge­ment, soit rela­ti­ve­ment modestes (53 m² pour les 2 pièces et demie, 96 m² pour les 4 pièces et demie), mais ren­dus agréables à vivre par la géo­mé­trie des parois et par les amples ouver­tures vitrées sur les bal­cons, au sud et à l’ouest. Le choix de fenêtres en bois de mélèze assure un très haut niveau de confort.

Les espaces col­lec­tifs sont res­treints, mais fonc­tion­nels : entrées confor­tables et buan­de­ries lumi­neuses, locaux à ordure bien ven­ti­lés avec plu­sieurs bacs de triage, amples locaux à vélos et pous­settes. Pour faci­li­ter les ran­ge­ments, des armoires sont pré­vues sur tous les bal­cons et servent de sépa­ra­tion entre les appar­te­ments.

Label Miner­gie-P-Eco

Les exi­gences du label Miner­gie P‑ECO ont conduit à adap­ter le pro­jet en cours d’étude pour pré­voir une façade ouest en bois (struc­ture et pla­cage) afin de dimi­nuer la quan­tité de béton ; une couche d’isolation ther­mique de 30 cm d’épaisseur a été insé­rée entre les parois de béton struc­tu­ral et les pan­neaux de façade en béton pré­fa­bri­qué, cof­frés avec des facettes per­met­tant aux rayons du soleil de faire vibrer l’enveloppe des bâti­ments.

Un sys­tème de ven­ti­la­tion à double flux des­sert tous les locaux et assure une très impor­tante éco­no­mie d’énergie. La cha­leur dis­tri­buée par des radia­teurs pro­vient du réseau du chauf­fage urbain. Les pan­neaux solaires situés sur les toi­tures végé­ta­li­sées des bâti­ments per­mettent éga­le­ment d’économiser l’énergie ; ils des­servent la com­mu­nauté des consom­ma­teurs, offrant ainsi des tarifs réduits pour l’électricité solaire consom­mée par les habi­tants.

Tous les choix des maté­riaux de construc­tion inté­rieurs et d’équipements ont été dic­tés par des pré­oc­cu­pa­tions de dura­bi­lité et d’économie d’énergie, afin de garan­tir des frais d’entretien modestes. Pour tous les équi­pe­ments méca­niques, des contrats d’entretien ont été négo­ciés lors des sou­mis­sions afin d’en réduire les coûts. Ce souci de dura­bi­lité implique aussi des dis­po­si­tifs garan­tis­sant des niveaux de pro­tec­tion éle­vés contre les risques d’incendie. Enfin, une par­tie des eaux de pluie est uti­li­sée par les plantes dis­po­sées en toi­ture et sur le bac végé­ta­lisé cou­vrant l’esplanade.

Nous avons aussi pu éta­blir un pro­jet avec la Ville de Lau­sanne, afin de déve­lop­per au nord de la par­celle un plan­tage qui sera géré par l’association des habi­tants du quar­tier. Il béné­fi­ciera d’un édi­cule rénové afin de pro­mou­voir les échanges entre les habi­tants.

Au niveau socié­tal, la pré­sence conjointe, dans un des bâti­ments, de 16 appar­te­ments pro­té­gés pour des per­sonnes âgées et d’un local d’accueil des élèves après l’école favo­ri­sera des contacts inter­gé­né­ra­tion­nels, ce dont pro­fi­te­ront tous les loca­taires.

Grâce à la bonne entente entre les dif­fé­rents acteurs de cet impor­tant pro­jet, il a pu s’achever sept ans seule­ment après le lan­ce­ment du concours d’architecture. Sa qua­lité archi­tec­tu­rale et le soin mis à régler tous les détails avant la construc­tion per­mettent de tenir le devis géné­ral, soit 76 mil­lions de francs, sans le ter­rain ni les amé­na­ge­ments spé­ci­fiques des acti­vi­tés com­mer­ciales. Enfin, la recherche de solu­tions visant à accroître le confort inté­rieur et exté­rieur des loca­taires conduit à une pro­mo­tion effi­cace de la convi­via­lité. Il ne faut pas oublier le rôle capi­tal que joue le couple des concierges pour résoudre les petits pro­blèmes des loca­taires. Le cadeau de bien­ve­nue remis à cha­cun, soit un bac à fleurs avec de la terre et des graines pour déco­rer les bal­cons, a aussi contri­bué à l’intégration de toutes les familles dans ce beau pro­jet immo­bi­lier !

L’au­teur

Max Huber
Pré­sident d’Urbanwildbees
www.urbanwildbees.ch

Éxtrait de la Revue HabitatDurable 55

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