Schliessen

Casafair Logo

Déjà membre ? Connectez-vous pour poursuivre votre lecture.

Les membres d’HabitatDurable profitent d’un accès illimité à notre contenu, y compris les fiches-conseils et les articles de fond.

Pour les non-membres la lecture libre est restreinte à 5 articles. Vous avez encore accès à 5 articles.

Schaffhauserstrasse, Zürich

Etre propriétaire d’un bien immobilier protégé : punition ou bénédiction ?

Les propriétaires d’une ancienne ferme ou d’une maison de ville centenaire rencontrent souvent des limitations ou prescriptions en lien avec leur bien. La construction d’un balcon est interdite tout comme la tabatière envisagée. De l’autre côté, les services chargés de la protection des monuments déclarent agir dans l’intérêt de la collectivité. Des conflits potentiels peuvent pourtant être évités.

« Je suis propriétaire d’une maison et n’ai même pas le droit d’en faire ce que je veux », se plaint un membre d’HabitatDurable. La personne en question avait de grands projets pour son bien qui date du début du 19e siècle : l’aménagement d’une véranda et la pose de panneaux solaires sur le toit. Mais la protection du patrimoine s’en est mêlée, le bien se trouvant sur la liste des bâtisses dignes de protection. Notre lecteur ne pouvait donc pas procéder aux travaux prévus.

Monument protégé rime-t-il avec course d’obstacles ?

La protection du patrimoine a effectivement une approche différente de celle d’un propriétaire immobilier qui se sent souvent limité et restreint dans ses droits. Du point de vue des services chargés de la protection, le bien protégé n’appartient pas uniquement au propriétaire. S’agissant d’un héritage culturel, il existe un intérêt public à sa conservation ce qui a comme conséquences que le propriétaire a une responsabilité et des devoirs qui dépassent ses intérêts personnels.

Les architectes conseillent de s’approcher des services compétents dès les débuts de projets d’assainissement ou transformation d’un bien protégé. Des travaux réalisés sans concertation peuvent causer bien des soucis et des coûts supplémentaires ; dans certains cas, une remise en état peut même être ordonnée.

Protection cantonale et fédérale

En Suisse, la protection du patrimoine est réglée au niveau cantonal. Dans le canton de Vaud, par exemple, les objets immobiliers sont recensés par les communes. Ils sont ensuite évalués au moyen d’une note allant de 1 à 7. Les notes 1 et 2 sont attribuées aux objets qui méritent la plus grande protection alors que les objets avec la note 7 ne sont pas dignes d’être protégés, par exemple parce qu’ils compromettent l’harmonie d’un site et en altèrent les qualités.

Il existe également un inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse (ISOS). Cet inventaire comprend actuellement 1274 objets qui sont souvent des ensembles bâtis, comme la Ville de Lausanne ou le village d’Isérables / VS.

La cohabitation entre monument protégé et écologie est possible

Même si la protection des monuments est un facteur limitatif pour les propriétaires, elle n’est pas d’office contraire aux projets de construction modernes ou écologiques tels qu’ils sont préconisés par HabitatDurable. Il est tout à fait possible de poser de nouvelles fenêtres performantes énergétiquement ou d’installer des panneaux solaires tout en respectant les aspects architecturaux protégés. Les pratiques des différents services chargés de la protection des monuments sont de plus en plus libérales et tiennent toujours plus compte des enjeux énergétiques et écologiques. Les demandes de pose d’installations solaires sur des bâtiments protégés ont de nos jours plus de chances d’aboutir qu’au début de ce siècle.

La coopération est payante

La protection du patrimoine est souvent encore considérée à tort comme un frein pour des projets architecturaux novateurs. Pourtant, les maîtres d’ouvrage qui consultent les services responsables sont souvent aidés financièrement. Les travaux d’entretien d’objets qui figurent dans l’inventaire sont en général soutenus. Selon les cas, les services compétents peuvent accorder des subventions pouvant couvrir jusqu’à 100% des coûts. Si les travaux visent à augmenter la valeur d’un bien, le soutien financier sera plutôt refusé.

Publicité

ECHfP-Solar