Huit terrains de football par jour | HabitatDurable

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Le mitage du ter­ri­toire suisse conti­nue sans cesse et la nou­velle loi sur l’aménagement du ter­ri­toire (LAT) n’apportera pas de solu­tion à ce phé­no­mène, ce qui est très inquié­tant. C’est pour cette rai­son qu’HabitatDurable sou­tient l’initiative contre le mitage lan­cée par les Jeunes Verts.

HabitatDurable se bat depuis 1988 pour une uti­li­sa­tion ration­nelle de notre sol. Mal­heu­reu­se­ment, après presque trente ans, le but n’est pas encore atteint. L’être humain uti­lise de plus en plus d’espace pour son habi­tat. De 1985 à 2009, la popu­la­tion a pro­gres­sé de 17,5 %. En paral­lèle, la sur­face dédiée à l’habitat s’est accrue de 44,1 % ! La sur­face des places de parc a même explo­sé de 55,4 % pen­dant cette même période ! Ce n’est donc pas la crois­sance démo­gra­phique qui est la rai­son de l’ampleur de cette urba­ni­sa­tion. En Suisse il est béton­né chaque seconde un m2 de terre, sou­vent agri­cole, ce qui équi­vaut à huit ter­rains de foot­ball par jour ! Le mitage, qui signi­fie selon le Larousse la mul­ti­pli­ca­tion de rési­dences dans un espace rural, a beau­coup de consé­quences néfastes :

  • Il induit une aug­men­ta­tion des dépla­ce­ments : les lieux d’habitation, de tra­vail, d’achat et de loi­sirs sont éloi­gnés les uns des autres.
  • Le recours au trans­port auto­mo­bile s’accroît car les cam­pagnes sont mal connec­tées aux réseaux de trans­ports publics.
  • Pour chaque construc­tion, une petite par­tie de pré­cieuse terre agri­cole est béton­née. Ces terres sont en prin­cipe irré­ver­si­ble­ment détruites. Le mitage met donc en dan­ger les pos­si­bi­li­tés de nous appro­vi­sion­ner en nour­ri­ture locale.
  • L’identité des loca­li­tés est peu à peu effa­cée par la perte de sépa­ra­tion entre ville et cam­pagne
  • La bio­di­ver­si­té dimi­nue : les routes et autres construc­tions découpent le ter­ri­toire et les lieux de vie des dif­fé­rentes espèces sont plus reliés. De plus, les construc­tions sup­priment des bio­topes pré­cieux.

Ce que demande l’initiative contre le mitage

Le moyen le plus effi­cace pour lut­ter contre le mitage est de pro­té­ger le sol non construit. C’est exac­te­ment ce que demande l’initiative : elle exige de mettre un terme à la créa­tion de nou­velles zones à bâtir et demande que la quan­ti­té de zones construc­tibles reste constante. Mais les com­munes auront le droit de com­pen­ser entre elles les ter­rains construc­tibles.

L’autrice

Corinne Roth

Corinne Roth

Éxtrait de la Revue HabitatDurable 34

Plus d‘informations

www.stop-mitage.ch

Lufingen, Nähe Kloten 1976

Lufingen, Nähe Kloten 2013

Par ailleurs, l’initiative demande aus­si que les condi­tions pour la construc­tion de quar­tiers durables soient amé­lio­rées afin de faci­li­ter leur créa­tion. Elle pré­co­nise le déve­lop­pe­ment du milieu bâti vers l’intérieur, qui s’accorde avec une qua­li­té de vie éle­vée. Les construc­tions en dehors des zones à bâtir doivent être des­ti­nées à l’agriculture ou être d’intérêt public.

La nou­velle loi sur l’aménagement du ter­ri­toire ne suf­fit pas

Pour­quoi l’initiative est-elle néces­saire mal­gré les modi­fi­ca­tions de la LAT, entrée en vigueur en 2014 ? Parce que les modi­fi­ca­tions de la loi tendent bien à frei­ner le mitage, mais elles ne le stoppent pas : Les besoins en zones construc­tibles sont défi­nis par les can­tons et la LAT pré­voit que leurs réserves ne peuvent pas dépas­ser les besoins des quinze pro­chaines années. Dans la défi­ni­tion des « ses besoins » les can­tons sont assez libres et les inté­rêts éco­no­miques pèsent lour­de­ment. Si ces besoins changent dans le cou­rant de ces quinze ans, le plan direc­teur peut être revu et les zones sont à nou­veau redé­fi­nies pour les quinze pro­chaines années. Résul­tat : de nou­veaux ter­rains sont tout sim­ple­ment déclas­sés au même rythme qu’ils sont consom­més.

Deuxième révi­sion de la LAT gelée

La deuxième révi­sion de la LAT traite des terres culti­vables. En été 2015, la Confé­dé­ra­tion a infor­mé que le rythme de cette révi­sion sera ralen­ti et qu’un résul­tat ne doit pas être atten­du avant 2020 – 2021. La rai­son en est la grande résis­tance des can­tons, des com­munes et des milieux éco­no­miques. Suite à la pre­mière révi­sion, la pres­sion sur les terres non construc­tibles est accen­tuée. C’est là que l’initiative tombe à pic : elle apporte de nou­velles idées et met les pou­voirs poli­tiques sous pres­sion avant que la deuxième révi­sion de la LAT ne devienne une coquille vide.



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