Des logements pour les réfugiés

Des logements pour les réfugiés : Quand se loger ressemble à un parcours de combattant

En Suisse, le marché du logement est tendu. Il l’est d’autant plus pour les réfugiés. Pour eux « se loger » rime avec « course d’obstacles ».

Ils viennent de régions où sévit la guerre ; de pays comme la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, l’Erythrée, la Lybie etc. Beaucoup d’entre eux auraient préféré rester chez eux, mais la guerre, la persécution et l’insécurité les a poussés à quitter leur pays et à entreprendre un voyage risqué, souvent dans des conditions inhumaines et au péril de leur vie. Arrivés en Suisse, ils ont certes échappé à la guerre, mais doivent maintenant affronter d’autres problèmes.

Après une longue période d’incertitude quant à savoir s’ils peuvent rester ou non, les réfugiés doivent relever le défi de trouver un logement. Selon Monica Rosenberg de Caritas Suisse, certaines gérances ne louent pas d’appartements aux réfugiés et publient clairement leur position. Les réfugiés étant en grande majorité des personnes seules, les petits appartements ou studios sont particulièrement recherchés. Monica Rosenberg relève aussi que les régions urbaines se prêtent mieux pour loger les réfugiés puisque les infrastructures nécessaires, notamment des transports publics, sont à disposition.

Des expériences privées réussies...

Des membres d’HabitatDurable témoignent : Mme Yvonne Christen a accueilli il y a une année et demie un jeune couple de syriens dans le studio de sa maison familiale, « cela se passe très bien, nous partageons la cuisine et le salon, ce qui nous permet de nous retrouver pour échanger et passer du temps ensemble. » L’intégration a été bien réussie, le jeune homme ayant désormais rejoint le club de football local.

...et d’autres moins réjouissantes

Mme Claudia Landerer avait l’intention d’accueillir une famille de réfugiés dans l’appartement de sa maison. Le loyer de l’appartement spacieux était relativement élevé puisqu’il venait d’être rénové. Le financement de la plus-value était assuré par une partie tierce. Mais malgré cela, l’office de l’aide sociale compétent a refusé d’accorder son aide. L’appartement en question a trouvé une autre affectation sociale, également financé par l’argent public.

Enjeux politiques

Il apparaît qu’il est pratiquement impossible pour des réfugiés de trouver un logement sans aide. Souvent ces derniers vivent grâce à l’aide sociale, puisqu’ils peinent à trouver du travail. Ces aides sont basées sur des loyers très bas ce qui restreint le marché des logements libres.

De plus, les personnes provisoirement admises qui n’ont pas le droit de séjour durable peinent à trouver des logements puisque les propriétaires souhaitent éviter les changements fréquents de locataires. Mais dans les faits, ces personnes restent tout de même pendant une période prolongée en Suisse parce qu’elles ne peuvent être renvoyées vers leur pays d’origine. Il faudrait trouver un consensus politique pour aboutir à une solution.

Le fait d’offrir un logement à des réfugiés doit être réfléchi. En raison notamment de différences de cultures, la cohabitation ne se passe pas toujours sans problèmes, mais, en général cela se passe bien et l’échange est bénéfique pour les deux parties.

Texte original : Andreas Käsermann, adaptation et traduction Veronika Pantillon


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